Mali : zones d’intérêt militaire et protection des civils, deux règles à distinguer

Article mis à jour le 17 septembre 2026.

Le 3 juin 2026, L’Essor a rapporté le classement de 39 forêts et aires protégées en zones d’intérêt militaire interdites à la population civile. Cette annonce concerne l’accès à des espaces déterminés. Elle ne permet pas de considérer automatiquement toute personne qui s’y trouve comme un combattant.

Ce que rapporte l’annonce du 3 juin

Dans son article du 3 juin 2026, L’Essor présente l’arrêté interministériel n°2026-1311 comme le texte créant ces zones. Le journal mentionne notamment la forêt de la Faya, les monts Manding et le parc national de la Boucle du Baoulé. Il rapporte un contrôle de l’accès par l’autorité militaire.

Nous citons ici ce compte rendu : le texte intégral authentifié de l’arrêté et ses annexes n’ont pas été retrouvés dans les documents consultés pour cette réécriture. Cet article ne constitue donc pas une carte des périmètres autorisés ou interdits et ne remplace pas une consigne locale officielle.

Dougoukoloko existait avant cette annonce

La mesure ne doit pas être présentée comme la naissance de l’opération Dougoukoloko le 3 juin. Le site officiel des Forces armées maliennes publiait déjà, le 11 mai 2026, un compte rendu mentionnant son secteur 1 et une visite de commandement à Labbezanga commencée le 4 mai.

Ce document établit un repère chronologique simple : l’opération était déjà désignée sous ce nom avant l’annonce sur les forêts.

Une restriction d’accès n’efface pas la protection des civils

Le Comité international de la Croix-Rouge rappelle que les civils sont protégés contre les attaques directes, sauf lorsqu’ils prennent directement part aux hostilités et pendant cette participation. L’article 13 du Protocole additionnel II énonce cette protection pour les conflits armés non internationaux.

Il faut donc distinguer une règle de circulation et les règles qui encadrent l’usage de la force. Une interdiction d’entrer peut exposer une personne à des contrôles ou à des dangers ; elle ne suffit pas à démontrer sa participation aux combats. Pour les habitants, une information précise sur les limites des zones et les consignes applicables est d’autant plus importante.

Correction du 17 septembre 2026 : la version initiale assimilait abusivement toute présence dans ces espaces à une menace ou à une complicité. Cette formulation a été retirée, ainsi que l’annonce erronée d’un lancement de Dougoukoloko le 3 juin.

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